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La guerre des génocides

A quoi joue la France?

Malgré le ballet diplomatique de ces dernières semaines entre Ankara et Paris et en dépit de tout bon sens, la proposition de loi de la députée UMP de Marseille Valérie Boyer a finalement été adoptée par l’assemblée nationale ce jeudi 22 mars 2011. Cette “loi” qui vise à sanctionner les États coupables aux yeux de la France de négation de génocide dont celui arménien de 1915 est sujet à controverse, pour plusieurs raisons.

En effet, pourquoi les parlementaires français sont-ils autorisés à se prononcer sur des faits qui appartiennent à l’histoire de l’Asie mineure et où il n’y a eu aucune implication ou participation de la France?

On se souvient encore avec un sourire(gêné) d’une loi semblable qui avait été voté en 2001 dans des circonstances similaires et qui n’avait jamais été validé par le Sénat. Cela voudrait-il dire que cette photocopie de la loi de 2001 est vouée à disparaître elle aussi dans les tiroirs poussiéreux de la République française ? Est-elle, elle aussi, condamnée au sort d’affichette électorale dans le but de redorer le blason d’un candidat de la droite à la peine dans les sondages face à son rival socialiste?

On serait tenté de le croire, tant l’occasion est belle. Trop belle même au goût de certains analystes. “C’est purement un effet d’affichage” a dénoncé François Hollande qui souligne par ailleurs qu’il s’agit d’une “opération électorale” de Nicolas Sarkozy.

Le vainqueur des primaires socialistes n’est pas le seul à s’indigner de l’adoption de cette loi controversée, plusieurs personnalités politiques françaises s’en sont offusquées, à l’instar de Robert Badinter, l’ancien président socialiste du Conseil constitutionnel qui déjà en 2001 avait souligné le caractère anticonstitutionnel du texte.

Et comme on pouvait s’y attendre, les conséquences de la loi Boyer ne se sont pas faites attendre.

D’ores et déjà son adoption a entrainé la suspension de la coopération politique et militaire entre la Turquie et la France, sans compter les innombrables retombées négatives au plan économique. D’ailleurs, le groupe Areva qui envisageait de rebondir de l’autre côté du Bosphore pourrait se voir interdit d’accès au juteux marché turc, alors qu’il se trouve justement dans une passe difficile consécutive à la crise de la dette qui secoue l’union européenne. Et qui peut prédire de quoi demain sera fait? Serait-ce une bonne chose si les entreprises françaises se voyaient écartées des marchés turcs?

Laissons de côté les questions économiques et penchons-nous un peu plus sur le caractère ironique de la loi. Réponse du berger à la bergère, la Turquie par la voie de son premier ministre Recep Tayyip Erdogan n’a pas tardé, à son tour, à accuser la France de génocide en Algérie, estimant que “15 % de la population algérienne a été massacrée par les français à partir de 1945“. Et ce n’est pas faux. Bien au contraire! les chiffres sont peut-être contestables mais non les faits. Le FLN n’a pas manqué d’applaudir le discours du premier ministre turc tout comme l’Arménie a salué le “geste” de la France.

Tout le monde sait ce que la France a commis en Algérie, en matière d’exécutions sommaires, de massacres, de tortures, de viols et d’atrocités en tout genre par l’entremise de ses soldats, déterminée à maintenir le pays au sein de la mère patrie. En énumérer la liste ici serait fastidieux. Et pourquoi pas ne pas voter une loi condamnant le génocide algérien par la France? Un proverbe wolof dit qu’il vaudrait mieux en toute occasion soigner sa propre plaie d’abord plutôt que celles des autres. Ce qui s’est passé entre la Turquie et l’Arménie concerne la Turquie et l’Arménie et ce qui s’est passé entre la France et l’Algérie concerne la France et l’Algérie.

La liste des génocides potentiellement commises par l’ex-puissance coloniale française risque d’être très très longue si les historiens s’avisaient un jour de s’y atteler…enfin. Puisque de Dakar à Brazzaville, du Liban au Maroc et de l’Annam à la Polynésie française, sans oublier les autres anciennes colonies éparses, les missions “civilisatrices” de la France ont été responsables d’innombrables massacres et autres exactions qui peuvent être qualifiés logiquement de génocides.

Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, tous les mouvements nés dans les colonies françaises pour réclamer plus de droits et de libertés ont été écrasés dans le sang: Setif (mai-juin 1945), Haiphong (1946), Madagascar et Casablanca(1947) et Côte-D’ivoire (1949-1950). Sans oublier le tristement célèbre massacre de Thiaroye en 1944 perpétrés sur des tirailleurs sénégalais, des héros de guerre, qui n’avaient eu que le seul tort de réclamer leurs primes !

Et le génocide rwandais dans tout ça ?

Le député UMP Michel Diefenbacher résume habilement ce dilemme:”Que dirions-nous, nous français, si un autre pays venait nous dire ce qu’il faut penser du massacre des vendéens sous la convention et nous menacer de sanctions si nous pensions autrement“.

Muhammad Mustapha Ndiaye

Orgueil et préjugés

L’esprit humain est une machine complexe qui intègre bien des mécanismes dont le fonctionnement échappe encore à…l’esprit humain. C’est vous dire toute la gageure qui sous-tend la recherche de la vérité. A supposer d’abord qu’elle existe. Le bien-fondé de toute réflexion dépend en grande partie de son impartialité mais aussi de son objectivité. Pour déterminer le poids exact d’une charge, il faudrait que la bascule ne soit pas lestée au préalable par un ou des poids morts susceptibles de fausser la donne. Seul, un esprit débarrassé de tous  les préjugés et les faux-semblants qui se sont toujours imposés à lui comme des évidences innés peut prétendre à une certaine forme de raison. Le sujet pensant est en interaction perpétuel avec autrui. Chacun de nous naît, grandit et évolue au sein d’un milieu qui détermine à la fois, son mode de penser ainsi qu’une grande partie de ses idées et des traits de caractères qui forgent sa personnalité.

Chaque groupe social possède son mythe fondateur qui se ramifie en une pluralité de coutumes, d’idées préconçues, de rites et de traditions ; lesquels se fondent en une culture qui, sorte d’alchimie bouillonnant et figée se pose toujours en garant de la vérité. D’où le danger de l’acculturation et de la croyance erronée en la supériorité d’une race ou d’une ethnie. Chacun croit détenir la vérité, et nul ne parviendra jamais à convaincre un papou qui vit encore à l’âge de pierre au fin fonds de la forêt néo-guinéenne qu’il est en marge de toute civilisation et qu’il ferait mieux d’apprendre à vivre et à se comporter comme un new-yorkais. Au moule social, vient s’ajouter le moule religieux qui achève de confiner l’individu dans un cercle d’idées d’où il ne peut sortir sans se retrouver au banc de la société. L’identité sociale étant considérée comme la première bouée de sauvetage auquel doit s’accrocher tout individu ; quiconque perd la sienne devient de facto un paria. L’identité religieuse abonde dans le même sens et peut former avec la première un cocktail explosif.

La première chose qu’on inculque à un enfant le plus est le devoir d’obéissance. L’enfant apprend à faire ce qui est bien et à éviter ce qui est mal parce qu’il acquière le sentiment de la faute conjugué à la peur de la punition. Donc, il ne s’agit pas à priori d’une simple menace planant au dessus de sa tête comme une épée de Damoclès. L’éducation puis l’habitude finissent par imprimer en nous des traits de caractère dont il nous est difficile de nous départir. Pourtant, bien après l’enfance et, passée l’adolescence, nous continuons à nous mouvoir dans ce qui nous semble être la seule manière de vivre et d’être. Alors que plus rien ne nous interdit de penser différemment ou d’accomplir ce dont nous avons toujours rêvé dans le secret le plus absolu. Cela s’explique d’une part, parce que l’homme a non seulement peur du bannissement social mais qu’il est convaincu à la base qu’il ne pourrait être meilleur qu’il n’est et qu’il appartient à la meilleure frange sociale qui soit. Un proverbe wolof magnifie ce trait de personnalité commun à tous les êtres : « Si la cervelle était une denrée et qu’elle se vendait au marché, il n’y aurait personne pour se trouver acquéreur ». Chacun est convaincu à part soi qu’il ne saurait trouver sur la terre meilleure place que la sienne. D’où cette fierté parfois absurde qui justifie bien des ostracismes et qui empêche l’ouverture vers d’autres cultures ou religions. Plus que n’importe quel autre sentiment, l’orgueil est le principal écueil sur lequel se brisent nos tentatives de remise en cause et par conséquent notre quête de la vérité. Car comment l’homme peut il prétendre à la sagesse s’il n’accepte que partiellement ou pas du tout de se remettre en cause, lui et les siens ?

Il ne s’agit pas d’un simple refus de porter un jugement sur son environnement mais de reconsidérer ses propres certitudes et par la même occasion sa propre personne.

Les préjugés sont ce qu’il y’a de plus tenace chez un individu. Ils sont le lit de toutes nos fausses certitudes et de nos croyances erronées. Solidement ancrés en nous, ils forment un épais brouillard qui fausse notre perception de la réalité et obscurcit notre jugement. En effet, comment se débarrasser sans arrière-pensées des mythes et des illusions qui ont peuplé notre enfance et auxquels nous nous rattachons encore parfois ? Ici la nostalgie se mêle à la peur viscérale de perdre notre identité en remettant en cause ce en lequel nous avons toujours cru. L’homme a besoin de certitudes, et l’enfant ne mourra jamais en l’adulte. Nous avons besoin de croire en quelque chose, de nous accrocher (parfois à des chimères) pour avoir une raison d’espérer et donc de vivre. Par ailleurs, pourrait-on vivre sans espoir ? Pour échapper au désespoir, l’être humain est parfois prêt à s’inventer des histoires auxquelles même son subconscient ne croit plus. Est-il besoin de dire que la folie participe de cette tentative folle de fuir la réalité ? Doit-on pour autant s’interdire de douter ? Le désespoir est-il pour autant nécessaire à la raison ?

La psychologie de l’homme est fragile car elle repose en partie sur les raisons qui motivent notre existence et sur cet espoir, un peu fou certes, que si nous ne connaissons pas le bonheur à l’instant présent, nous la connaitrions un jour où à défaut dans une autre vie. Supposons en effet que par un effet domino extraordinaire, tout le monde soit convaincu (à tort ou à raison ?) de l’inexistence de Dieu, que se passerait-il alors ? Peut-être que les pauvres s’efforceront-ils d’arracher leur part du gâteau aux riches et ce à tous les prix, plongeant le monde dans une vague de criminalité sauvage, sans précédent dans l’histoire moderne.

Nos idées préconçues finissent par devenir un levier inconscient de notre conscience. Au refus conscient de remettre en causes ses préjugés s’ajoute souvent une paresse intellectuelle motivée par le conformisme de rigueur qui régit toute société. La peur de la marginalisation est plus forte que celle du mensonge.

 

L’exigence de vérité

De la naissance à la mort, l’être humain est en perpétuel construction. Parallèlement à l’évolution physique qui mène le corps humain jusqu’aux sommets de la force pour la précipiter ensuite lentement vers la déchéance, la maturation de l’esprit constitue l’aspect le plus essentiel de la vie. Du premier cri que nous poussons à notre entrée dans ce monde jusqu’au crépuscule de notre existence, notre esprit se modèle sans cesse, comme une oeuvre d’art dont le sculpteur serait un éternel susceptible insatisfait.

De prime abord, on découvre un univers idéal, plein de couleurs et de sons où l’on découvre et se découvre sans cesse, tant notre prime conscience enfantine est perpétuellement mise en éveil par la nouveauté. L’enfant a soif d’apprendre et il brûle de découvrir les recoins cachés de ce monde dont il ignore tout encore. Ce n’est pas pour rien que nos petits bambins turbulents cassent tous ce qui leur tombe sous la main, dénichent avec une savante curiosité les trésors que nous tentons vainement de soustraire à leur attention et prennent un malin plaisir à dévisager les inconnus qui pour eux ont l’attrait des petits hommes verts qui peuplent nos films de science-fiction. Puis, l’enfant grandit et ô stupeur découvre petit à petit que les grandes personnes peuvent se montrer très méchantes et que tout n’est pas rose dans leur petit univers douillet. Il comprend progressivement que son action ainsi que sa parole sont limitées par un règlement qu’il juge arbitraire et qu’en réalité ce monde là est aussi un univers de douleur et de souffrance qui n’a rien à voir avec le décor enchanté des contes de fée. Il découvre alors qu’il peut se blesser en touchant ce petit animal rouge et flamboyant qu’on nomme feu avec terreur ou en mettant le doigt dans cette prise électrique dont il ne comprend pas trop bien le fonctionnement. Bref, il se rend compte que le danger est partout et qu’il existe un certain nombre de choses ou de personnes qui ont le pouvoir de le priver de son bien-être. Néanmoins, Papa est toujours là pour taper sur les doigts de tous ceux qui voudraient lui faire du mal et Maman reste toujours la personne la plus douce au monde, l’ange gardienne qui veille sur nos moindres désirs et qui éteint nos maigres chagrins d’enfant.

Donc le monde reste toujours ce paradis d’enfance où tous nos rêves sont possibles et où il existe une stricte séparation entre le bien et le mal. On ne se pose pas alors la question à savoir sur quoi reposent toutes nos certitudes. Car nos parents et notre entourage en général sont là pour pour nous prouver et nous garantir que comme l’obscurité existe par rapport à la lumière, il existe un mauvais et un droit chemin et deux forces essentielles qui se nomment le Bien et le Mal et que nous devons prendre garde de faire le mauvais choix en leur désobéissant.

Seulement, au fur et à mesure que nous gravissons les paliers scolaires, que notre intelligence s’accroît et que notre expérience se forge au contact de la réalité, nous sommes amenés progressivement à nous interroger sur certaines bizarrerie de l’existence. En effet, si le bien finit toujours par prendre le dessus et que le méchant est puni à la fin, pourquoi diable Mr Diop est-il allé en prison pour un crime qu’il n’a pas commis? Et surtout pourquoi la méchante dame qui confisque à chaque fois le ballon de football des gosses du quartier est-elle libre de s’en aller sans qu’il ne lui arrive jamais rien de fâcheux. Ce monde là n’est décidément pas si idéal qu’on le croirait, puisque les méchants peuvent s’en tirer à bon compte et les hommes de bien sombrer par un simple caprice de l’existence. Doit-on en conclure que le hasard est le maître de notre destin? “Peut-être pas” se dit le jeune enfant préoccupé, convaincu que ces accidents dans l’ordre immuable de l’univers ne sont que de simples contretemps qui ne remettent pas en cause la magie et la logique inébranlable de ce monde où tout s’explique.

Mais comme un fleuve en furie, les contre-exemples s’enchaînent et nous dévoilent la vie dans toute sa nudité insolente et dans tout sa crudité nauséeuse. On se rend compte avec stupeur que les grandes personnes qui étaient réputées infaillibles et moralement incorruptibles peuvent eux aussi déchoir et qu’il n’existe aucune perfection dans aucun cercle de la vie. Et le pire dans tout ça est que notre père, ce grand homme qui incarne le héros de notre enfance peut lui aussi être mis en difficulté. Après tout, il n’est qu’un homme parmi tant d’autre et on se prendre même à envier le voisin de classe pour qui sa maman attentionnée prépare chaque matin des beignets assaisonnés de sucre. Et une telle dont le père possède une magnifique voiture bleue avec laquelle il passe la prendre tous les jours.

La contingence est le premier miroir sur laquelle nous contemplons le vrai visage de l’existence, où nous découvrons sa futilité ainsi que la vanité de notre en-soi. Pourtant Dieu est toujours là haut, majestueusement ancré sur son trône de vérité comme le garant éternel de cet ordre divin qui à défaut de notre pitoyable désordre humain semble vouloir régenter la terre des hommes. Et pourtant, ni foudre ni éclairs ne déchirent les cieux pour venir s’abattre sur ces monstres avides de sangs qui déciment des humanités entières pour s’approprier des terres qu’ils ne sauront emmener nulle part avec eux et des richesses dont ils n’auront jamais le temps de jouir entièrement. Est-ce à dire qu’un feu dont le soleil lui-même ne serait qu’un malingre étincelle serait le lit de leur punition? C’est le silence complet du côté des morts et rien ne vient nous délivrer de ce doute affreux: reverra t-on jamais ceux que nous avons aimé? Mon Dieu, qu’il serait triste de devoir disparaître sans jamais renaître, cesser d’être pour se fondre dans le néant.

Avec l’âge, on comprend qu’on ne peut pas toujours faire le bien et que le mal est en chacun de nous, tapi comme une bête insidieuse prête à mordre sa proie à pleines dents. Certains suggèrent de se détourner de cette vie matérielle pour s’abîmer dans la contemplation de la face du Créateur qui nous garantirait une place meilleure dans ce paradis céleste décrit avec tant de voluptés par les livres saints. Mais mon esprit cartésien, apte à trouver que 1+1=2 se refuse à intégrer une logique dont le sens restera caché jusqu’au jugement dernier.

Tout est si incertain désormais qu’on se demande si la cloche que l’on vient d’entendre ne ferait pas partie de notre rêve. La stricte ambivalence entre le bien et le mal disparu, nous nous rendons compte que chaque lumière comporte sa part d’ombre et que chaque obscurité recèle un halo de lumière si mince soit-il. La croyance aux principes du bien devient une simple décision arbitraire et non un choix conscient; étant entendu que chacun possède sa propre conception des valeurs et que l’inné est un élément du mythe. Rien n’est fondé, tout reste à construire. Cela paraît si dérisoire qu’on se croirait dans un banal supermarché où on pourrait forger sa personnalité selon son bon vouloir.

Paraît-il, on peut se réfugier dans le mensonge ou le conformisme pour continuer à trouver un sens à ce monde dont le mécanisme nous échappe ? Tout est possible alors, pourvu que l’on soit suffisamment armé de mauvaise foi, ou d’une innocente candeur. Néanmoins, si la quête de la vérité est le but ultime de l’existence, devons-nous compartimenter notre raison pour intégrer dans notre psychisme des réalités inadaptées?

Ce matin, les médias sénégalais m’ont réveillé avec une nouvelle qui ne fait que confirmer l’incurie et l’inconséquence dans lequel baigne le régime d’Abdoulaye Wade, ce despote aux discours mielleux qui reve de se voir succéder par son fils.

Le régime de Wade n’a trouvé rien de mieux que de vendre les dernières actions que L’Etat possédait à la Sonatel(Société nationale des télécommunications) pour 200 milliards de francs CFA, une somme qui servira probablement à enrichir illégalement la famille présidentielle et à acheter les consciences de ceux qui n’en ont déjà plus. Après les défuntes SNCS(Société Nationale des Chemins de fer du Sénégal), les ICS(Industries Chimiques du Sénégal), c’est la Sonatel qui passe à la trappe. La liste est longue et je n’ai énuméré ces entreprises qu’à titre d’exemples parce qu’elles constituaient le fleuron du secteur public sénégalais. Il y’a quelques semaines, le plus grand hotel cinq étoiles de Dakar a été bradé à des investisseurs peu scrupuleux. Quant au désormais célèbre stade Assane Diouf, il aura fallu une mobilisation populaire sans précédent et la débacle du parti au pouvoir pour sauver un des rares centres sportif de la capitale à n’avoir pas été encore vendu.  La quasi-totalité des espaces publics a été vendu au plus offrant, et des propriétaires légitimes ont mêmê été dépossédés de leurs biens au profit de dignitaires du parti au pouvoir sans que cela ne fasse l’objet d’aucune action en justice. C’est un vol pur et simple, un pillage systématique qui est en train d’être finalisé sous les yeux impuissants des sénégalais.

Les membres du parti démocratique sénégalais(celui d’Aboulaye Wade) ont constitué de véritables clans qui se sont appropriés les postes clés et qui sont les seuls à jouir des retombées illicites de “l’alternonce”.

Jamais depuis l’indépendance en 1960, le Sénégal n’avait aussi été en retard sur ses voisins du continent. Que ce soit en matière de liberté et de démocratie. Les journalistes font l’objet de persécutions organisées par le pouvoir et quiconque écrit un article compromettant ou émet une opinion gênante à propos d’un membre du gouvernement ou de la famille traditionnelle est en danger de mort. Les terres et les entreprises publiques ne sont pas les seuls biens à avoir été vendus à l’encan par Wade et cie,  le pouvoir en place a tout vendu et le portefeuille de l’Etat est vide, quoiqu’en puisse dire son suppôt, le ministre de l’économie et des finances.

Le plus inquiétant est que le régime de Sarkozy semble vouloir soutenir les ambitions éxecrables de Wade fils, ce français qui veut devenir président au Sénégal.

J’espère en tout cas, qu’il n’est pas trop tard pour changer les choses; le spectacle a assez duré!

“Dieu est mort”. De toute l’oeuvre de Friedrich Nietzsche, on ne retient que cette phrase terrible qui a suscité et qui suscite encore de nos jours autant de passions et de débats. Pourtant, ces trois mots qui ne doivent pas etre compris dans leur sens littéral constituent une métaphore qui illustre l’échec du dogmatisme réligieux et des hommes qui sous le couvert de leurs chapelles ont déformé le visage des religions pour les mettre au service de leur soif immodéré de pouvoir. Le dieu que Nietzsche a tué, c’est le dieu moral, le dieu juge, celui qui condamne la vie. Parce qu’il est une image, un épouvantail, utilisé à des fins…humaines.

Dans le début du livre”Ainsi parlait Zarathoustra”, le sage arrive dans la place du village où il trouve les habitants rassemblés sur la place publique pour admirer un danseur de corde. Il leur parle du surhumain et leur enseigne que Dieu ne les a pas créé pour faire d’eux des brebis, de simples animaux doués de paroles dont la seule vocation est de suivre les guides mais plutot de participer au progrès, et à la création continue de l’univers. Jusqu’au moyen age, la bible était inaccessible aux communs des chrétiens et il a fallu la réforme de Martin Luther et de Calvin pour casser le mythe de l’éclésiastique infaillible.  A travers l’évolution des siècles, les réligions changent, se transforment et prennent d’autres visages. Il est indiscutable que le christianisme des origines n’a rien a voir avec celui d’aujourd’hui. De meme pour les autres grandes réligions, Islam, Judaisme, Indouisme, etc…Bouddha qui se voulait un simple mortel à l’origine est vénéré de nos jours comme un véritable dieu; de meme que Jesus Christ….

Le concile de Nicée(Turquie actuelle) en 325 sert de point de départ à la première grande modification du christianisme avec l’exclusion des évangiles dites apocryphes(c’est une question de point de vue) du dogme et le bannissement de tous ceux qui ne croyaient pas à la nature divine du Christ ou qui ne partageaient pas les convictions partisanes de l’éveque de Rome. L’empire était au bord de l’implosion.  Devenu trop grand, le culte des dieux de l’Olympe ne faisait plus l’unanimité et il était urgent de trouver une foi nouvelle capable de fédérer tous les peuples épars autour d’un meme idéal. Le pape…(pardon!) l’empereur Constantin Ier allait etre le premier chef d’Etat à débuter la fructueuse collaboration entre l’Eglise et l’Etat qui allait durer pendant des siècles avec les conséquences que l’on sait. Il y’eut le massacre ignoble en pays cathare ainsi que l’inquisition avec le tristement célèbre Tomas de Torquemada, confesseur de la reine Isabelle la catholique qui réussit à immoler sur le bucher des millions d’innocents au nom de la foi chrétienne.

Cependant, les fanatiques existent dans toutes les religions. Pourtant, elles enseignent toutes la tolérance. Alors où se trouve le problème? Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de rage, dit-on. Je trouve inexplicable que les juifs qui savent comme aucun autre peuple ce que vaut “l’amère saveur de la liberté” pour paraphraser le poète sénégalais David Diop, en arrivent à persécuter les palestiniens, confinés dans une mince bande de territoire et condamnés à subir les foudres d’un voisin trop puissant sous le regard complaisant de la communauté internationale. Et d’un nouveau président américain spécialiste en “réclames publicitaires”. Personne ne sait trop ce qu’il attend pour exiger des deux parties qu’ils entament le dialogue et qu’on en finisse une bonne fois pour toutes. J’en arrive à croire que toutes les confessions se valent et qu’il suffit que n’importe laquelle d’entre elle se retrouve en position de force pour que les plus durs d’entre tous se coalisent dans le but d’anéantir les plus faibles. Le Coran est plein de messages et d’exemples de tolérance, mais les extrémistes ne retiennent en guise de leçon que les versets de l’épée censés définir la véritable volonté de Dieu d’anéantir les “mécréants”. Déplorable.

Après l’assassinat de deux de ses filles, le prophète Muhammad(P.S.L) a finit par pardonner aux meutriers après un moment de réflexion. Exemple de pardon pourrait-il etre plus illustratif ? D’autres faits de tolérance ponctuent les hadiths, histoires pleins d’enseignement ayant un lien avec le prophète. Ainsi l’homme qui après voir peché toute sa vie se vit accorder l’absolution parce qu’il avait tiré de l’eau d’un puits pour désaltérer un pauvre chien errant. Il suffit de bien comprendre le message pour se rendre compte que l’épée ne va pas de pair avec la réligion. Mais pour le comprendre, il faut l’apprendre, se l’approprier, et ne pas se contenter uniquement de mémoriser des mots ou des expressions, isolés qui détachés de l’oeuvre perdent leur sens et leur signification. Le dogmatisme est le terreau fertile du fanatisme et ceux qui en sont victimes sont ceux là meme qui s’accrochent à leurs bouts de vérité et qui refusent de juger, d’analyser, de se remettre en cause. Ceux qui possèdent le savoir savent que celle-ci est en perpétuelle évolution et que nul n’est infaillible. Les religions sont ce qu’elles sont et il n’est nul besoin d’en rajouter. L’essentiel étant de ne pas se laisser aveugler par les prédicateurs mal-intentionnés. Si Dieu avait voulu la guerre, le dialogue n’aurait pas existé. Certains le savent mais leurs voix sont couvertes par la clameur des fanatiques qui ignorent les valeurs réelles de l’Humanité avec grand H. Autrement dit, seuls les tonneaux vides font du bruit.

Troubles

Ne vous est-il jamais arrivé de vous sentir seul?                                                                                                                                                                                            Un peu comme l’albatros, seigneur des nues, cependant maladroit et pitoyable une fois sur terre. Comme si avoir trop d’imagination ou être “”tête en l’air”" ne va pas de paire avec  ”avoir les pieds sur terre”.                                                                                                                                                C’est toujours beau de poétiser là-dessus tant que nous ne sommes pas à la place du rêveur.  Depuis les balbutiements de la civilisation, la plus grande peur de l’homme est de se retrouver exclu de toute société, d’être rejeté par les siens; ceux à travers les yeux de qui on existe. Si personne n’est là pour apprécier votre nouvelle coupe de cheveux ou pour vous complimenter pour votre nouvelle voiture; qui est-ce qui le fera?  Cela justifie t-il l’annihilation de son propre moi au profit d’une hypothétique considération sociale? Quand on sait que de plus en plus, les contre-valeurs sont primés et loués et que le monde dans lequel nous vivons ne vénère que la richesse et la réussite sociale. Quid des principes fondamentaux de la morale telle que les anciens sages et philosophes les ont énoncés avec autant d’impartialité et de grandeur ?                                                                                                                                                                                    Il faut regarder de près les méthodes peu orthodoxes de l’Administration américaine pour se rendre compte qu’elle ne suit en rien la ligne de conduite dictée par les pères fondateurs de la grande nation américaine. Le chantage économique et politique des pays du nord vis-à-vis de l’Afrique subsaharienne et de l’Asie pauvre; la caution silencieuse que l’ONU et les “grandes  démocraties” apportent aux régimes totalitaires et/ou dictatoriaux à l’instar de la Guinée Conakry et du régime israélien est là pour montrer que notre monde est à la dérivé. Rien de plus. Qu’on le dise une bonne  fois pour toutes !                                                                                                                                                                Pour en revenir au début de mon propos, Je constate que finalement toutes les idées bonnes ne sont pas “bonnes”, sociologiquement s’entend; et que pour survivre dans un monde empreint de conformisme il faut se plier à la loi du nombre ou se faire plier par eux. Pour ma part, je ne m’inquiète pas trop de ce que les autres pensent de moi, l’essentiel étant de faire et de dire ce qui est en accord avec moi-même. Je ne suis pas narcissique, loin s’en faut, ni un marginal qui squatte les rues, ou encore comme le penseront certains d’entre vous le canard boiteux sans petite amie ayant totalisé le plus grand nombre d’échec dans la vie courante.                                                                                                     De toute façon, je n’aime pas beaucoup parler de moi mais il faut bien que je vous explique une chose ou deux puisque je suis certain que tout le monde n’est pas un mouton de panurge et qu’il y’aura toujours des albatros où qu’on aille. Ma démarche ici est moins une plaidoirie qu’une réflexion sur le monde et sur ses valeurs. Puisque nous sommes là, essayons de savoir pourquoi et ne nous contentons pas uniquement d’exister et d’accomplir les douze travaux d’hercule qui feront de nous le modèle parfait pour notre entourage. Le mari ou la femme idéale que tout le monde aimerait approcher et dont chacun voudrait obtenir un petit conseil pour ”s’améliorer”. De toute façon, le poids social est plus perceptible dans les nations sous-développées (Afrique, Asie, Amérique latine)  que partout ailleurs. Choisir la vie que l’on veut mener librement à Las Vegas par exemple est plus probable qu’en Tanzanie où les albinos se font massacrer à coups de machettes parce qu’ils sont censés être des entités surnaturelles. Néanmoins, dans la plus grande ville du Nevada, vous n’aurez jamais ”l’insigne honneur” de pénétrer dans certains clubs très selects parce que vous n’êtes pas un WASP (white anglo-saxon protestant).                                                                                                                                                           Des contraintes, il y’en a partout et cela prouve que  d’une manière ou d’une autre que l’intolérance est bien de ce monde. Comment faire pour s’en débarrasser, dira t-on? Parler à toutes les communautés et les convaincre de laisser tomber leurs sacro-saints préjugés au nom de l’humanité et de la déclaration universelle des droits de l’homme?  Pure suicide.  Si le grand rabbin d’Israël se levait un beau matin pour déclarer que les musulmans sont des frères, nul doute qu’il perdra la face devant les siens. Et ce sera la même chose partout ailleurs. Autant convaincre un vieil habitant des bords du Limpopo que la sorcellerie n’existe pas. Une féministe vous dira toujours que les hommes sont tous machos et que la société a été conçu pour eux ; alors qu’un masculiniste vous rétorquera que les hommes (au sens restreint du terme) sont largement défavorisés par les lois, surtout par le code la famille et la justice qui accorde systématiquement la garde des enfants en cas de divorce à la maman, etc…. Alors, quelle place pour un albatros?  Se ranger dans un camp ou dans un autre? Cela ne résout pas le problème. Loin de là. Dans chaque communauté humaine, il y’a toujours des modérés et des extrémistes et ces derniers voudront toujours faire des exemples. Les révolutions sont toujours suivies par des purges, tous les bons historiens le savent. Et rien n’est pire qu’un “traitre” ou un “bouc émissaire”. La vie n’est vraiment pas un gâteau et je crois que je ne m’y ferais jamais. En fin de compte, je n’échangerais pas ma liberté contre une carte de membre et peu importe ce que les  autres pensent. Je suis sur que je ne serai pas le seul.

 

Que faire? (suite)

Peut-etre que je me pose trop de questions parce que j’ai passé mon enfance à lire des ouvrages qui n’étaient pas de mon age? Ou peut-etre que je suis de nature soucieux et que je ne peux m’empecher de réfléchir sur tout ce qui me saute aux yeux? Ou peut-etre qu’il y’a trop de peut-etre et que je devrais les effacer une bonne fois pour toutes de mon esprit et me concentrer sur l’essentiel. C’est-à-dire sur le quotidien barbant et les week-end censés gommer le stress de la semaine de bureau.

Mais là, on se demande si le temps fera beau demain, si la banque nous accordera le pret logement et si elle viendra comme elle l’avait promis? Et les questions recommencent, encore et encore…et les doutes aussi. Doute, quand on tombe sur sa boite vocale…doute quand il se met à venter subitement, doute…quand on accumule les malchances et qu’on se demande si on n’est pas maudit par les dieux du capitalisme. Que faire? Allumer une cierge en l’eglise Notre-Dame de Paris pour s’attirer les bonnes graces de la Vierge Marie ou se cantonner au matérialisme incrédule en faisant jouer ses relations pour débloquer toutes les petites situations qui nous empeche de caresser notre reve, enfin.

Une fois les petits problèmes réglés; elle vient finalement à la dernère minute avec son toutou auquel on est allergique( Mais bon! c’est pas grave, on fera comme si et à la moindre occase, on le jetera sous les roues de la voiture!), le temps est finalement au beau fixe meme si la banque n’a pas donné signe de vie. On se convainct que tout vas bien se terminer parce que c’est notre jour de chance; la preuve, tout s’est arrangé en quelques minutes à peine! On s’accroche à ce bout de nuage et on se promet le bonheur. Mais une fois étendus cote à cote sur les transat, on recommence à se demander si elle ne nous trompe pas, si elle n’est pas en train de chercher les mots pour nous annoncer qu’elle nous quitte, etc…Au bout d’un moment, elle nous sourit et nos incertitudes fondent comme beurre au soleil. Maintenant, on en est plutot à se demander comment va se passer le lundi qui s’annonce déjà, comment va t-on trouver la force de sourire aux clients qui vous agaçent et que vous ne pouvez pas rabrouer, car il en va de la qualité du service.

Plus tard, on se quitte sur un dernier verre, la nuit tombe et les infos démarrent en trombe; une petite fille a été enlevé par un pédophile, un camion a dérapé et a cogné contre un poteau qui s’est abattu sur une voiture faisant une victime et deux bléssés légers. Bon! On s’en fout,  jusqu’à ce que la voix doucereuse de la journaliste nous annonce qu’un plan de restructuration va avoir lieu et qu’on est sur le point de perdre son travail. A l’évocation du nom de son détestable employeur, on tend l’oreille et les frissons commencent à courir le long de notre corps nous faisant tout de suite sentir à quel point on étouffe dans ce trois-pièces standardisé qui pue le désordre et les conserves. On tend l’oreille, on scrute la nuit et on prend le téléphone. L’appareil dans la main, on se demande qui va t-on appeler le premier? Que faire?….

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- Interview de Haidara Chérif des USA

Et les revoilà encore à nous vendre cette idée qu’au nom de combattre le terrorisme, nous devons accepter des bases militaires américaines sur nos sols. Comme de grands enfants friands de friandises, nos dirigeants sont entrain de mordre petit à petit à cet appât tendu depuis Washington.

Qu’avons-nous appris depuis la nuit des temps des stratagèmes de l’homme blanc ?

Quelles étaient les justifications de la traite des noirs ? Quelles étaient les raisons avancées pour la colonisation ? Les peuples qui ne revisitent pas leur Histoire sont condamnés à rééditer les mêmes erreurs.

De peuple sauvage que nous étions, Dieu voulait notre évangélisation, de l’obscurantisme dans lequel nous étions plongés, la lumière devrait nous parvenir a travers la couleur de la peau d’un autre peuple, puisque nous n’avions jamais eu d’histoire, il fallait nous en inventer une. Parmi tant d’autres raisons, fallacieuses les unes après les autres, l’homme blanc a dérouté notre évolution naturelle, il a façonné à sa guise le cour de notre destin.

Ne devient-il pas nécessaire que nous nous posons des questions légitimes sur notre devenir en tant que nation, en tant que race ?

Comment pouvons nous avoir le continent le plus riche en ressources de tout genre et être au même moment le continent le plus pauvre selon tout les indicateurs économiques ? Pourquoi n’avions nous jamais été aussi dépendent qu’après nos indépendances ? Qu’est-ce que le terrorisme ? Pourquoi est-ce toujours les pays à forte densité musulmane qui sont indexés comme tels ?

La délivrance des complexes de haine ne sera obtenue que si l’humanité sait renoncer au complexe du bouc émissaire“ dixit Baruch.

Nous ne sommes pas entrain de vider le venin des préjugés sur les autres, ce n’est pas l’objet de cet article, au contraire, ceux qui sauront lire entre les lignes comprendront bien que le génie de l’homme blanc l’a amené au firmament de sa science. Aucune polémique là-dessus. Passons donc au corps de notre intention.

De Conakry à Bamako en passant par Abidjan continuant sur Accra jusqu’à Malabo,

Les ambassades américaines déménagent, s’agrandissent et s’isolent au grand bonheur du citoyen Lambda de ces pays qui se réjouit que les américains soient entrain d’investir chez eux et qu’enfin ils aient pris conscience que l’Afrique est important économiquement et stratégiquement. Il s’enorgueillit aussi de la perte d’influence du colon français au profit du business man américain, ho bon Dieu réveil en nous Frantz Fanon, Modibo Keita, Sékou Touré, Lumumba et autre Kwamé N’krumah et Thomas Sankara pour savoir que le terme néocolonialisme vaut son pesant d’or.

Si ‘la raison est Hélène’, nous serons bien sage que de commencer par déchiffrer les moindres gestes et agissements qui profilent à l’horizon car ça sent le roussi.

C’est au milieu du vingtième siècle que l’Arabie Saoudite, naguère un désert sans importance à part bien sûr pour ceux de la foi musulmane qui devraient remplir selon les préceptes du Saint Coran le cinquième pilier de l’islam, ouvrit ses portes aux grands exploitants pétroliers qu’étaient Texaco, British Petroleum, Exxon, Mobil et autres faisant du coup des fortunes pour certaines familles américaines et européennes tels les Bush, Rockefeller, Donald, Dave O’Reil, Ernest Mercier parmi tant d’autre, et permettant cette dynastie oligarchique de monopoliser les pôles de décisions économique et politique sur cette planète terre.

Le royaume des bédouins qui aurait du s’appeler autrement, choisit de se nommer après la famille régnante les El Saoud. Nous vous épargnerons les détails captivants de la complicité des nouveaux venus avec les El Saoud pour retirer l’essentiel du pouvoir politique et économique à la descendance d’Abdoul Wahab : les El Cheick à qui devait échoir le pouvoir théocratique. Le chamboulement qui suivit a profondément transformé le Moyen Orient et la vie du bédouin en a pris un coup.

La cartographie qui nous ait offerte aujourd’hui est le fait de la déchirure qu’a subie aux mains de ces visiteurs d’un soir tout l’ensemble des pays de cette région. Les français ont colonisé le Liban qu’ils ont parcellisé de la Syrie, les Britanniques ont arraché le Koweït de l’Irak fermant du coup son accès à la mer, les américains s’apprivoisaient l’Arabie Saoudite et contrôlaient ainsi la production du brut. L’exploitation des différences entre Chiites et Sunnites autrefois indistincte devait s’envenimer pour une meilleure exploitation par les conquérants.

Il fallait exaspérer et exacerber ses sentiments pour pousser les rencoeurs des uns contre les autres comme cela a été le cas dans nos pays lors de la honteuse époque coloniale. La Tijanya contre la Kadirya, les onze grains contre les douze grains dans le Soudan français, le Sénégal et ailleurs, les frictions entre Hutu et Tutsi au Rwanda et au Burundi, les chefferies Haoussa et Peuhl contre les Ibo et Yorouba au Nigeria, les Pieds Noirs et les Harkis contre les Indigènes Musulmans au Maghreb…etc.

Rien du mécanisme de fonctionnement de ces conquistadores ne nous échappe, nous savons tous trop bien leur apprêt d’opération mais hélas, cent fois hélas, ils réussissent toujours a nous berner malgré le niveau intellectuel que nous avons pu atteindre ces cinquante dernières années.

L’adage voudrait que là ou il y a un arabe, il y ait du pétrole, peut être, mais pour sûr, là ou il y a du pétrole il y a ces grandes corporations et là ou elles sont, il y a le malheur des peuples, la corruption, l’enrichement d’une élite au détriment de la masse, le maintient d’un despote, d’un dictateur pour pérenniser la République Bananière. Vous voulez des exemples en espèces sonnantes et trébuchantes ? Allons-y donc car cela est plus parlant que cette litanie que je me proposais d’égrener tout à l’heure dans les paragraphes qui devraient suivre, d’ailleurs ne dit on pas en Chine qu’une photo vaut mieux que mille commentaires.

Jusqu’au mois d’Avril dernier, le Nigeria était le premier pays africain producteur de pétrole en terme de quantité, vous n’êtes pas sans ignorer les crises itératives qui secouent ce pays depuis des années. Passons sur la guerre du Biafra et les innombrables révolutions de palais pour être plus contemporain.

L’exécution le 10 Novembre 1995 de l’écrivain Ken Saro Wiwa et huit autres ‘‘anti-conformistes’’ qui ont osé demander la redistribution équitable des revenus pétroliers pour leur région, Sani Abacha n’a pas badiné à mettre à feu et à sang le Delta du Niger au profit de la compagnie créée par Sir George Goldie en 1879 qui se nomme aujourd’hui la Shell. En dépit des clameurs de souveraineté, la multinationale Néerlandaise est entrain de s’approprier en plein vingt et unième siècle cette région avec la complicité de nos dirigeants. Le Nigeria participe à plus de 10% de l’huile américain, mais au Nigeria même, l’essence est une denrée rare et les files d’attente dans les stations services sont kilométriques. Tout simplement névrosant.

En Angola, lui qui a surpassé le géant nigérian en terme de production (grâce au siphonage des oléoducs par les populations nigériane en quête du brut) les données sont identiques.

C’est vrai, la guerre de libération était l’excuse toute trouvée pour s’armer avec la manne de l’or noir mais aujourd’hui rien ne peut expliquer pourquoi ce pays est à la 162 eme place sur l’Index de Développement Humain (IDH), que la pauvreté soit le bien le mieux distribué, qu’il soit le dixième pays le plus corrompu selon Tranparency International, consacre 183 million de Dollars soit 8,8% de son Produit National Brut (PNB) aux dépenses militaires et qu’il ait un taux de près de 40% d’analphabète chez les plus de quinze ans. Elf Aquitaine, Exxon et bien d’autre se partage l’immense gisement des terres et des eaux au détriment de ce peuple qui a tant souffert. Combien d’hôpitaux, d’universités, de médecins compte l’Angola ? Ils sont combien les angolais qui savent ou vont les gains des profondeurs de leur humus ?

Vous avez tous vu le honteux chantage fait sous nos yeux au Tchad à cause de son faste. Deby qui n’est pas un enfant de cœur avec son peuple s’est ramollie devant le petit Nicolas français qui a laissé la rébellion aux portes de N’djamena comme pour lui rappeler : tu acceptes nos conditions ou que dis-je notre deal ou tu sautes dans les heures qui suivent. Le pauvre a tout de suite compris qu’il n’était pas bon d’avoir une justice indépendante qui condamne même à des peines burlesques les fils de l’ancienne puissance coloniale, qui n’a jamais perdu un poil de ses réflexes du bon vieux temps.

D’ailleurs qui maintient Idriss au pouvoir contre la volonté de la vaste majorité des tchadiens, qui l’arme, qui cautionne ses élections bancales ? Si à toutes ces questions vous avez répondu autre chose que la France, vous devez être un doué ou peut être il y a en vous un génie de trempe.

Le Gabon, avec moins de deux millions d’habitants et des ressources immenses manque d’infrastructures routières, sanitaires et scolaires adéquates. Ce pays que des experts ont comparé aux Emirats Arabe s’il avait été bien géré au profit des gabonais ne devrait en aucun moment être sur la liste du FMI ou de la Banque Mondiale. Moins peuplé que la ville d’Abidjan, il devrait être la référence du paradis sur terre mais en lieu et place…, ok je vous le concède, il est resté le Gabon sous le contrôle et la bienveillance des bases militaires françaises.

Le pétrole du Congo (Brazzaville) est gagé depuis belle lurette sur plusieurs années à venir. Toute cette manne qui est extraite du sol congolais n’appartient pas aux fils et aux filles de cette historique nation, elle sert à payer les armes et les prêts octroyés aux deux protagonistes durant la guerre civile que finançaient les multinationales. Le Congo est classé 139eme sur l’Indexe de Développement Humain et 161eme pour le PNB par habitant

A cause de l’abondance en R.D.C (République Démocratique du Congo) les convoitises des uns et des autres a défigurées ce pays pour aussi longtemps que vous ne pouvez vous l’imaginer. Ce qui a été appelé la guerre mondiale africaine s’est déroulée là bas sur fond de donnée mercantile. Le Rwanda, le Zimbabwe, l’Ouganda, l’Angola …etc. ont tous dépêchés leurs armées pas pour défendre les congolais contre quoi que ce soit mais pour se partager le gâteau et encore au profit de qui ? Non, pas pour eux même, oui pour ceux là encore.

La Cote d’Ivoire produit 40% du cacao mondial, elle ne fixe pas ses prix, Sucre et Denrées s’en charge. La comptabilité des 80.000 barils par jour du pétrole n’est connue que par les géomanciens qui connaissent le sexe des anges. Malgré le boucan de Gbagbo à l’encontre des compagnies françaises, il a tout cédé à ces derniers, c’est la rançon de demeurer là ou il est. Dit ce que tu veux mais fait ce qu’on veut. Sans commentaire.

Que n’y a-t-il pas sous la terre guinéenne ? Les américains sont à Fria pour le bauxite depuis que nous ne savions pas la différence entre notre droite et notre gauche pourtant le château d’eau d’Afrique n’a ni eau ni électricité courante.

A quoi servent ces ressources si elles ne devraient pas participer au développement et au bien être de nos peuples ?

Un soir assis sur mon divan intéressé que j’étais à écouter l’interview de Obiang N’guema sur la chaîne américaine A.B.C. je fus stupéfait à l’entendre dire à peu près cette réponse à la question de la journaliste qui lui demandait des ressources du pétrole de la Guinée Equatoriale : ‘Les avoirs pétroliers de mon pays sont des secrets d’état. Aucun opposant, aucun journaliste, aucun député ne doit chercher à voir clair là-dedans. C’est exclusivement du domaine présidentiel et donc, seule ma personne les gère’.

Désabusé, presque au bord des larmes, je zappa pour une chaîne de Cartoon pour enfant.

Quelle respectabilité demandons nous quand nos chefs d’états nous jettent en pâture de la sorte ?

Alors nous apprenons par ces temps qui courent de la nécessité de bases américaines dans le désert du Sahara pour combattre disent ils le terrorisme, nous qui n’avions pas le sens du sacrifice pour le bonheur de nos peuples, nous qui n’avions pas encore compris que Français, Américain, Anglais, Néerlandais et Chinois riment les même vers, nous qui ne pouvons pas pointer du doigt un seul événement de notre histoire ou européens et américains se sont déchirés entre eux pour l’Afrique et les africains, ils nous revient donc de combattre le ‘terrorisme’. Au même moment, ils envisagent de se retirer du Moyen Orient parce que le coût d’exploitation de leur convoitise monte vertigineusement pour cause de sabotage, d’attentats suicide et du regain du nationalisme arabe. Vous imaginez ce qu’il adviendra une fois ces chevaliers d’industrie installés chez nous avec l’aval de nos dirigeants ?

Ils ont demandés des élections en Palestine, les résultats des urnes ne les convenaient pas, le Hamas vainqueur est voué aux gémonies. Ils en ont demandés en Iran, même résultat Ahmadinijad est devenu un terroriste. Au Venezuela, Hugo Chavez remporte les consultations présidentielles anticipées mais il est taxé de dictateur. Tant que vous avez en mire les intérêts de votre peuple, vous serez baptisé d’un adjectif abominable.

La vérité est que d’important gisement de pétrole gît sous nos terres. Du Golf de Guinée sur les côtes Ouest africaine jusqu’en Afrique Centrale, sous le sable du désert saharien : de l’Algérie aux confins du Niger. Et nous le savions des sciences exactes que là ou ces multinationales sont il y a tout sauf la paix et le développement. Pour les défendre, il faut une armée puissante et une diplomatie robuste, ils disposent de ces armes ; et nous, qu’avons-nous ? Les moyens du bord. Et voila que nous serons nommés après un groupe terroriste parce que défendrons nos avoirs. Que fait l’armée française au Djibouti, au Gabon, en Centrafrique, en Cote d’Ivoire et au Tchad ?

Que fait l’armée américaine dans le golf persique ? Les armées maliennes, nigériennes ou algériennes seront à la guise de leur humeur, tantôt elles seront accusées de violations des droits de l’homme sur les Touaregs, tantôt de génocidaires. Ceux qui pensent que l’Irak a été attaqué parce qu’il posséderait des armes de destructions massives suent la naïveté à l’extrême ; écoutez les discours de l’administration Bush quelques semaines avant l’invasion du pays de Saddam leur allié d’un temps. Le plan diabolique devait se poursuivre sur l’Iran, la Syrie et l’Arabie Saoudite. La résistance irakienne a faussée le ‘calculus’.

Ce n’est pas seulement le ‘Néocolon’ venu d’Europe, il y a maintenant celui venu d’Asie. La Chine. Abdoulaye Wade, Omar Bongo, Mugabe et bien d’autres souscrivent dorénavant à cette idée qu’au nom de diversifier nos partenaires, nous devons regarder vers le soleil levant : l’Est. Il n’y rien de mal à cela, c’est d’ailleurs très louable mais ce qui est problématique dans cette orientation ce sont les termes de l’échange. Une respectable dame me disait au téléphone depuis Toulouse que les autorités maliennes ont accepté de leurs homologues chinoises la construction d’un hôpital et que la contre partie devrait être le déboisement d’une forêt quelque part au Mali.

Le Mali un pays désertique ; ce n’est pas débile ça ? J’espère qu’elle a mal saisi l’info. Au Liberia, les chinois contrôlent le secteur de la pêche après quelque bakchich distribués aux autorités. Ce pays qui sort d’une longue guerre fratricide et où les petits sardiniers, las de la déloyale concurrence de ces puissants asiatiques se font employer et exploiter au prix d’un dollar (400Fcfa) de salaire par jour.

Le ressentiment de la vaste majorité des africains vis-à-vis des chinois se fait de plus en plus sentir. Ils n’utiliseraient pas la main d’œuvre locale, ils n’initieraient pas les nationaux à leurs technologies, la qualité de leurs produits est sub-standards, ils pratiqueraient le dumping et certains les trouveraient racistes sur les bords ; tout qui présage d’une déception dans ce nouveau partenariat.

Expliquez-moi comment blanc, jaune ou rouge arrivent à nous faire marcher ?

Au récent sommet de l’U.A, encore des chefs d’états s’étaient insurgés que l’idée d’une unité africaine serait précoce et qu’il fallait aller mollot. Cinquante après il faudra encore patienter. Ces regroupements régionaux que sont la C.E.A.O, la C.E.D.E.A.O, la C.E.A.C, la S.A.D.E.C et autres, derrière lesquels ils se réfugient n’ont pas produit un iota d’avancement. Jusqu’à cette année, en Cote d’Ivoire il existait une carte de séjour pour les frères africains, au Gabon, vous ne pouvez pas circuler librement sans autorisation. L’Afrique du Sud qui a eu le support unanime de tout les africains pendant le régime hideux de l’apartheid, pourchasse ses frères dans les rues de Soweto et de Tsiwane pour les immoler et les dépiécer à la machette. Trop d’exemples existent en témoignage de la déchirure du continent.

Mûrie de tout ce qui a été assenés plus haut, il devient impératif que nous envisagions le seul et unique dessein qui nous reste.

Africain je le suis et panafricaniste je dois l’être parce que convaincu que nous ne pourrons avoir le salut que si nous conjuguons nos efforts, nos intelligences, que si nous avons en mire le bonheur de l’Afrique et des africains. Pour arrêter cette saignée, ces guerres fratricides, ces divisions inutiles et ces sentiments de laissé pour comptes, il nous faudra complètement et au plus pressé bâtir cette union africaine germée depuis bien avant N’krumah. Si par extraordinaire l’Europe et l’Amérique trouvaient leurs comptes dans une Afrique unie, elle le serait déjà.

L’Allemagne et la France moteurs économique et politique de l’Union Européenne n’ont pas beaucoup en commun. Les français sont pour la plupart catholiques, les allemands eux sont protestants, marier sa cousine est presque l’inceste chez les seconds, chez les premiers, rien d’anormal, leur deux langues n’ont pas les mêmes origines. Cependant ils sont unis dans une union pour le bonheur de leur peuple et pour le bonheur de l’Europe.

J’entends des ‘spécialistes’ de l’Afrique dirent qu’il faudra avoir en commun la langue, la religion ou la culture afin de s’unir, c’est aussi faux que de dire Mardi vient avant Lundi. Le Mali, la Guinée et le Sénégal ont tout en commun mais la fédération du Mali (Mali et Sénégal) n’a pas aboutie, la Cote d’Ivoire, le Ghana et le Liberia ; les deux Congo et le Gabon ; l’Algérie et le Maroc…etc. devraient pouvoir s’unir sur cette base des ‘spécialistes’, quand est-il ?

Une union solide se fait sur des bases d’éthiques morales et de convergence d’intérêts à long terme. Si le malien pense que travailler durement lui ouvrira les portes du bonheur et que le sénégalais pense obtenir ce bonheur autrement, si l’ivoirien pense que son avenir en temps que peuple est lié à la France et que le guinéen pense que la France est le problème, il est évident que ces peuples ne pourront faire chemin ensemble.

Pour pasticher cet auteur français qui disais et je cite : ‘rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est arrivée’. Nous sommes à cette heure ou nous devrons prendre notre destin en charge, écrire notre propre histoire, défendre nos propres intérêts sans complexe et avec cette détermination qui fait aboutir les grands destins.

Nous serions à la tête d’un pays aussi puissant que l’Afrique du Sud, avec cette économie et cette armée titanesque que nous nous dévouerions à construire cette UNION, nous marcherions sur l’Afrique Australe que nous conquerrions par les arguments politique, économique et militaire. Nous nous dirigerions ensuite vers l’Afrique Centrale que nous convaincrions, nous irions ensuite à la conquête de l’Est et de l’Ouest africain, l’avalanche déferlera sur le Nord Maghrébin, ainsi nous proclamerions les Etats-Unis d’Afrique.

Nous mettrions fin au rêve de ces roitelets qui ne veulent pas de cette Afrique parce qu’ils ne pourront plus régner comme Dieu sur leur peuple, parce qu’ils ne pourrons plus avoir le contrôle de la totalité des ressources du peuple, parce qu’ils ne pourrons plus s’éterniser au pouvoir. Sur la voie de cette entreprise, nous ferions sienne cette éloquente pensée de Ernesto Guevara de la Cerna alias le Che : peu importe les dangers ou les sacrifices d’un homme ou d’un peuple quand l’enjeu est le destin de l’humanité.

Si quelqu’un disait : ‘la colonisation n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison et qu’elle était la violence à l’état nature…’

Nous affirmons que le néocolonialisme est une machine à penser et qu’il est doué de raison et que sa supériorité a été son habileté à s’attaquer à notre plus grande faculté : notre INTELLIGENCE. Là réside sa force, sa vertu et sa plus grande ingéniosité. Une contribution de Haidara Chérif sidaty@juno.com Chicago, Illinois (USA)

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Les tueuses en série

Les femmes tueuses en série existent  bel et bien mais elles sont très rares.

Les meurtres en série possèdent presque tous un côté sexuel, ce qui peut expliquer la très faible minorité de femmes  ” serial killers “. L’homme vit une dichotomie : sexe / amour. Cela signifie qu’il dissocie le sexe de l’amour, alors que la femme assimile sexe et amour.
Lors de l’existence d’un problème sexuel, l’homme a une réaction physique : la punition est le viol. La femme, quant à elle,  éprouve  une réaction de douleur et la punition est le refus de relations sexuelles. Notons que le sexe est lié au pouvoir (domination/soumission).

Le taux de testostérone élevé de l’homme expliquerait également pourquoi ses fantasmes meurtriers sont plus violents et plus agressifs que chez la femme. Chez l’homme, sa colère vis-à-vis de ses victimes se sexualise. Il existe des femmes “tueuses en série” mais aucune d’entre elles n’a commis, de sa propre initiative, de crime à connotation sexuelle. Le plus souvent, elles passent à l’acte dans les hôpitaux ou les maisons de retraite (lieux de travail) – on les surnomme les “anges de la mort” ou “les infirmières tueuses” (comme Christine Malèvre)-  Elles utilisent généralement du poison. Elles tuent pour mettre un terme à la souffrance d’un plus faible (personne âgée, enfant, patient ou proche) ou provoquent la mort afin de tenter de sauver la victime  et de s’en vanter.

Si une femme est tueuse en série, elle pourra être pire qu’un homme (plus imaginative dans l’élaboration de la torture des victimes). Dans le cas des “Amants de la Lune de Miel“, Raymond Fernandez épluchait les petites annonces à la recherche de femmes esseulées et fragiles, leur promettant mariage, enfants et bonheur. Beck se présentait comme la sœur du soupirant. Une fois dans leurs filets, les femmes étaient torturées par Martha et achevées par Raymond à coups de marteau. Leurs victimes auraient été au nombre de 20.

Martha Beck n’a pas eu une enfance “facile” (comme nombre de tueurs en série). Son père abandonne le domicile conjugal. Souffrant d’un dérèglement hormonal, adolescente, elle pèse près d’une centaine de kilos. A l’âge de 13 ans, elle se fait violer par son frère aîné et sa mère ne trouve rien d’autre à dire qu’elle est la seule fautive. Par la suite, elle obtient brillamment son diplôme d’infirmière. Pourtant de nombreux postes lui sont refusés à cause de son physique peu avantageux. Seule, laide et désespérée, elle cherche alors l’âme sœur par petites annonces. C’est ainsi qu’elle rencontre Raymond Fernandez. Ils massacrèrent ensemble leurs victimes à coups de marteau, les ayant dépouillées de toutes leurs économies. Ils ont été exécutés ensemble en 1951.

Citons également le cas des Tueurs de la Lande, Ian Brady et Myra Hindley. Brady, fasciné par le nazisme et la torture, entraîne sa compagne dans sa folie. Myra Hindley, avant sa rencontre avec Ian Brady, n’apparaissait pas comme quelqu’un de détraquée. L’amour rend aveugle ? Entre 1963 et 1965, ils kidnappent 3 enfants, les torturent, les photographient dans des postures pornographiques et enregistrent leurs supplications. Ils font l’amour tout en écoutant cette bande son [n.b. on pourrait parler de "snuff" audio]. Certains disent que la culpabilité de Hindley n’est pas vérifiable et qu’elle n’aurait été que complice et spectatrice mais pas active…

Gerald et Charlene Gallego, mariés sans enfant, sévissent sur les routes américaines entre 1978 et 1981. Gallego utilise sa femme pour attirer des auto-stoppeuses qu’il viole, torture et enterrent parfois même vivantes. Dans ce cas de serial killers, la femme n’est utilisée que dans le mode opératoire. Son rôle dans le meurtre est moindre que celui de son mari.

Le cas d’Aileen Wuornos est plus flagrant : lesbienne désenchantée, elle tue 10 hommes d’âge mur en 11 mois. Auto-stoppeuse, elle abat ses amants d’un soir, laissant comme signature un préservatif sur le cadavre (1989 – 1990).

Il faut préciser que généralement, il existe une connotation sexuelle dans le meurtre en série, mis à part chez les serials killers qui disent avoir une mission. Ce qui expliquerait que les femmes tueuses en série soient moins nombreuses.

Parfois, la connotation sexuelle n’est pas évidente sur la scène du crime.
Par exemple, le Saloon Killer, qui tuait ses victimes à distance avec son fusil, obtenait son orgasme au moment où il appuyait sur la gâchette. Son arme le faisait se sentir “Homme”. De même, d’autres serials killers n’ont pas d’orgasme sur la scène du crime. Ils emportent un “trophée” ou un souvenir de leur victime chez eux, et là, ils obtiennent satisfaction sexuelle avec cet objet.

 

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«L’image du féminisme doit changer, il faut le démystifier. Lorsqu’on dit le mot féministe, le poils des gens se dressent sur leurs bras», lance Rosée Lalonde, encore déconcertée par les récents propos du chroniqueur Richard Martineau, désignant les féministes comme des soeurs cloîtrées.

 

«Les médias nous montrent sous un mauvais jour. Ils veulent du sensationnalisme», renchérit Sylvie Boivin, une jeune femme qui pourtant, semble apprécier la coquetterie.

 

 

Cette dernière tient également à remettre les pendules à l’heure concernant l’hypersexualisation. Même si ce phénomène est souvent montré du doigt par les féministes, toute la société est concernée. «Le père de la petite fille en a marre, les gars ont de la pression aussi, les intervenants en santé sont également épuisés de voir les jeunes filles se détruire pour être mince. L’hypersexualisation n’est pas l’affaire des femmes, mais c’est un problème global. C’est à la société entière de se questionner», précise Sylvie Boivin.

La bataille continue

De son côté, Geneviève Larouche grogne encore lorsqu’elle entend par certains que la bataille est déjà gagnée. «L’égalité formelle, on l’a. Mais la réalité est tout autre. Les jeunes filles prennent moins la parole en classe. Elle reçoivent plus de commentaires sur leur paraître de la part des garçons. On fait aussi de gros retours en arrière en politique. Par exemple, le projet de loi C-484 passera en deuxième lecture bientôt. On pourrait assister à une «recriminalisation» de l’avortement», déplore-t-elle.

 

Avant de partir au rassemblement politique, des ateliers seront offerts aux jeunes féministes, afin qu’elles se familiarisent avec le mouvement et ses luttes. «Les jeunes du cégep, par exemple, connaissent souvent très peu le féminisme. On doit aussi trouver notre position actuelle. Comment on s’inscrit dans la montée de la droite?»

Laura Lévesque

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